LA FOLLE JOURNÉE DE NANTES : CLASSIQUE, QUARTIER ET MUSIQUES ACTUELLES

afficheChaque année depuis 30 ans le CREA (Centre de Réalisations et d’Études Artistiques), René Martin, fondateur de « La folle Journée », investit la cité des congrès et la ville de Nantes avec « La folle journée » en référence à l’opéra de Mozart « Les noces de Figaro où la folle journée ». Comme chaque année plus 150 000 spectateurs auront eu le choix parmi plus de 400 concerts et conférences autour du thème de la nature. Mais il existe une face cachée, que peux de personnes connaissent. Il s’agit d’une dizaine d’actions, elles ont pour vocation d’irriguer la musique classique au-delà des murs de la cité des congrès. Actions menées, soit directement soit indirectement par la SEM « folle journée Nantes ». Parmi les nombreux projets, les retranscriptions musicales qui permettent à des jeunes des quartiers d’aborder de manière décalée le répertoire classique semblent être une solution intéressante de démocratisation, d’appropriation et d’intégration.

 
13 e solution : LA FOLLE JOURNEE DE NANTES… par p-lonchampt

Les transcriptions musicales sont portées par un partenariat entre l’ACOORD (Association pour la réalisation d’activités éducatives, sociales et culturelles de la ville de Nantes)  le conservatoire de Nantes et la « Folle journée de Nantes ». Elle apporte aux jeunes des quartiers la découverte du répertoire classique tout en mettant en avant les musiques actuelles qui sont leur moyen d’expression artistique habituel. Ce projet est mené au sein des maisons de quartiers de Nantes. Une fois les groupes sélectionnés ils vont avoir un temps court (3 mois) pour faire naitre une créativité hors norme et aboutir à 3 morceaux dérivés d’une œuvre classique. Selon les jeunes du groupe « Yölla », que nous avons rencontré, c’est pour eux, le lieu de la rigueur et du cadre. Ils travaillent tout au long de ces 3 mois avec des artistes, musiciens classiques qui viennent leur faire découvrir pourquoi et comment est construite l’écriture de l’auteur choisi. Ces rencontres leurs permettent de trouver des pistes pour leur propre travail écriture. Mais ce qui fait la force de ce projet c’est son aboutissement.

« En 3 mois de travail ils gagnent 3 ans de maturité artistique. »

Lors de l’ouverture de la folle journée, chaque groupe participe à un concert spécifiquement centré sur le les transcriptions musicales, avec des moyens professionnels. Ensuite, ils se produiront dans les différentes maisons de quartiers de Nantes. Au-delà de l’aspect culturel, ces jeunes sont à la fois sensibilisés et accompagnés dans une démarche artistique, qui met en valeur leurs talents. C’est aussi pour eux une avalanche de reconnaissance, ce qui pour certains est en décalage avec leur parcours scolaire ou familial. Les jeunes qui s’engagent dans ce projet, qu’ils soient du conservatoire ou des quartiers n’ont pas forcément l’idée de travailler de leur art, mais ne le rejette pas non plus. Ce qu’ils disent aujourd’hui c’est que cette expérience est exigeante et riche en apprentissages. Phillipe Chmura, le coordinateur technique affirme « En 3 mois de travail ils gagnent 3 ans de maturité artistique.

« la folle journée” c’est permettre à tous d’accéder au répertoire classique »

La question qui se pose est, tous ces projets sont ils si éloignés de “la folle journée” elle-même ? Lorsque l’on pose la question à René Martin il répond sans hésiter “Non !”, « la folle journée” c’est permettre à tous d’accéder au répertoire classique ». Même si le concept de base est : un lieu unique, la cité des congrès et ses alentours et des concerts courts de 45 minutes, il est nécessaire selon René Martin que cet ADN irrigue au-delà des 4 jours. La multitude d’actions spécifiques va permettre de rejoindre ceux et celles qui pour différentes raisons ne peuvent ou ne veulent se rendre à la folle journée, population en décalage culturel, malades hospitalisées, prisonniers, scolaires… Cet aspect de la folle journée, peu connu du grand public, pourrait être comparé à la face immergée de l’ICEBERG. Souhaitons à la folle journée que le réchauffement climatique ne fasse pas fondre cet iceberg et qu’il puisse continuer sa dérive musicale en pour le bien de tous. Le rendez-vous est donné en 2017 autour du thème de l’EXIL. « To be or not to be that is the question? »

Patrick LONCHAMPT

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