LA COEXISTENCE ENTRE PERSONNES VALIDES ET HANDICAPEES

Logo-SDCNotre société connaît plusieurs formes et plusieurs niveaux de handicap. Il y a le handicape mental, il y a le handicap psychique, mais il existe aussi le handicap physique qui est, contrairement à ce que l’on peut penser, assez peu pris en compte par les associations d’aides. Parmi les nombreuses problématiques rencontrées par les personnes atteintes d’un handicap physique, hémiplégie, tétraplégie, il en est une qui demeure et qui fait peut-être moins de bruit, mais tout aussi excluante que de se heurter aux difficultés des transports, du logement ou de la vie quotidienne, c’est celle du regard de l’autre et du  sens de la vie, accentuant le risque du repli sur soi de la ghettoïsation.

Pour répondre à ce risque de désocialisation, une association, « Simon de Cyrène, » travaille depuis plusieurs années à créer des maisons partagées où personnes valides et personnes handicapées cohabitent les unes avec les autres. « Simon de Cyrène » définit ainsi ces valeurs : « Les lieux de vie partagés Simon de Cyrène sont avant tout des lieux d’échanges autour de valeurs essentielles au « vivre ensemble ». Le respect de l’autre et de ses différences l’écoute, l’aide, la solidarité, l’amitié… se conjuguent au quotidien pour le bien-être et l’épanouissement de chacun. » L’idée originelle s’enracine dans le fait que chaque année en France une dizaine de milliers de personnes survivent à des accidents graves de la route, de sport, mais aussi vasculaires et cérébraux. Et après plusieurs mois d’hospitalisation qui font suite parfois à un temps de coma, le handicap bouleverse la vie de ces personnes. Elle génère des pertes de repères, d’emploi, mais la question qui se pose et qui devient centrale et à la limite de l’obsessionnel c’ est le sens de la vie, « de quoi suis-je encore capable et ma vie a-t-elle encore un sens ».

La question qui se pose et qui devient centrale et à la limite de l’obsessionnel c’ est le sens de la vie, « de quoi suis-je encore capable et ma vie a-t-elle encore un sens ».

« Simon de Cyrène » répond à cette question en s’inspirant de l’expérience de l’Arche fondée par Jean Vannier en 1964 et qui regroupe aujourd’hui,  138 foyers répartis dans 40 pays à travers le monde. Phillippe Pozzo Di Borgo dont le fil intouchable raconte sa vie a permis, grâce aux royalties du film, de développer cette association. « Simon de Cyrène » se fonde sur 4 valeurs principales

  • Développer des liens fraternels dans une relation gratuite et solidaire qui dépasse l’apparence extérieure, afin de créer une complicité, une « famille d’amis ».
  • Partager un regard neuf sur la différence, ils affirment ainsi l’importance « de partager ces valeurs qui nous animent, en particulier auprès des jeunes, pour les inviter à vivre cette expérience fondatrice, du « vivre ensemble » avec les personnes handicapées. » Il espère ainsi changer le regard sur le handicap et la fragilité.
  • Respecter et accompagner chaque projet de vie Brigitte Férry précise : « Nos communautés veillent tout particulièrement à accompagner les projets personnels, de chaque résident, en lien étroit avec sa famille ou ses tuteurs » ainsi tout résident est acteur de son projet de vie et participe à la vie communautaire et sociale ».
  • Favoriser l’appartenance naturelle à un groupe.Vivre à  « Simon de Cyrène », c’est participer à une vie communautaire en la choisissant. Il revient à chacun d’être acteur de la vie de communauté et d’en respecter les promesses dans le respect de la personne, de ses capacités, de ses talents, de sa façon d’être, de son intimité…

Nantes sera la 6e ville à accueillir une maison partagée, le projet est né en décembre 2013 porté par la volonté d’un groupe d’amis. Ce groupe se réunit régulièrement et est composé d’une quarantaine de personnes. Ils se retrouvent tous les mois autour d’activités de loisirs et de sorties culturelles. Au fil des mois des personnes handicapées et valides, ont émis le souhait d’habiter ensemble dans une maison partagée où chacun puisse participer selon ses capacités et ses talents au déploiement de cette maison. Marie, l’une des compagnons de Simon de Cyrène s’exprime ainsi : « j’aime ces après-midi ! Après un café, l’activité démarre, il y a le chant, la poterie, le dessin, les jeux… Avant tout, on rit beaucoup ! C’est l’occasion de se retrouver et petit à petit de créer des liens d’amitié. Malgré les fragilités de chacun. C’est vraiment un moment très chaleureux où je viens avec joie. » Après avoir cherché un lieu capable de les accueillir, c’est l’association Thétis qui leur propose le site de la Civelière alors libre de toute occupation.

En avril 2014 ils obtiennent l’agrément de la préfecture pour la construction de trois maisons partagées (39 logements, dont 24 pour des personnes en situation de handicap). Le permis de construire quant à lui était déposé en décembre 2015. Les travaux quant à eux sont encore dans l’attente.

Si vous êtes intéressée par la question des fragilités « Simon de Cyrène »organise samedi 19 décembre une journée autour de la fragilité à partir de 16h00 au gymnase de St Stanislas de Nantes. Frederique Bedos auteur de l’ouvrage « la petite fille à la balançoire » apportera son témoignage et de son expérience de la fragilité.

 

 

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