LE LIONS CLUB UN PORTEUR DE SOLUTIONS DE 98 ANS

téléchargementDans l’imaginaire collectif, Lions Club signifie : « un groupe de vieux bourgeois nantis se réunissant au restaurant afin de se donner bonne conscience ; après avoir bien bu et bien mangé, ils sortent leurs chéquiers et font leur bonne action aux profits de causes qu’ils ne connaissent même pas ». Caricature certes, mais réalité de l’image véhiculée, particulièrement dans la jeune génération. Si le Lions club n’était que cela, comment expliquer que cette association, créée il y a 98 ans, puisse réunir 1,36 million de membres répartis dans 46 000 clubs à travers le monde. Comment expliquer aussi qu’elle puisse avoir un statut consultatif à l’ONU et être déclarée première O.N.G. si ce n’est un problème d’image, de communication et de manque d’ouverture ?

                                          
 Sun est que le début « Bernard Polhenz président de zone Lions Club 44

Pour  vérifier, je suis allé dans deux clubs afin de mieux me rendre compte de ce qui s’y vit. Le premier club où je me suis rendu est un club créé il y a cinq ans. Club mixte, alliant des profils différents, institutrice, professeur de français, demandeurs d’emploi, femme au foyer, responsables associatifs… Ce club témoigne d’un véritable dynamisme, son président affirmant : « on a voulu casser avec cette image vieillotte, en privilégiant la rencontre chez les uns et chez les autres, à raison d’une fois tous les 15 jours, plutôt que de se faire un restaurant tous les mois, c’est moins cher et donc ouvert à des profils qui n’auraient pas nécessairement eu les moyens de nous rejoindre. » et il ajoute : « et, finalement, on est plus efficace et plus convivial». Bernard. Pohlenz, président de la zone Lions de Nantes précise : « ce que je souhaite, c’est qu’à terme d’autres clubs se fondent sur cet exemple et que nous sortions du centre-ville de Nantes pour aller vers les villes périphériques porteuses de profils différents et plus jeunes». Le second club que j’ai visité est un club uniquement féminin, correspondant davantage à l’image que l’on peut se faire du Lions Club. Des femmes d’un certain âge qui ont eu ou pas une activité professionnelle, se retrouvant tous les 15 jours au restaurant et organisant leur action à venir qui est chaque année la même, « Pourquoi changer ce qui fonctionne » me confie l’une d’entre elles, « cela permet d’avoir un suivi avec l’association que nous soutenons, de mieux les connaître et devenir un vrai partenaire ». Si l’ambiance est feutrée et ronronnante, on ne peut retirer à ces dames un véritable sens de l’engagement et de générosité. Pour Bernard Pohlenz cela s’enracine dans le désir de rendre le monde meilleur en alliant humanitaire et humanisme.

La seconde problématique du Lions Club et celle de sa lisibilité et de sa visibilité. Le Lions Club ne sait pas communiquer. Bernard Pohlenz en est conscient et tente d’initier cette démarche, mais il se heurte à quelques conflits générationnels peu enclins à aller sur les réseaux sociaux, ou à communiquer avec la presse… Chaque club réalise à sa mesure ses actions et communique comme il le peut. Le premier club que j’ai visité a créé sa page Facebook, une « déléguée à la communication » l’anime… Ce manque de savoir communiquer empêche souvent les clubs de toucher un public plus large. Chaque année, en Loire-Atlantique, ce sont plusieurs dizaines d’actions qui sont organisées au profit de plusieurs dizaines d’associations.

Très actif au niveau local, le Lions Club l’est aussi aux niveaux national et international. Mais qui le sait ? Personne ! Cependant, le Lions Club en France est à l’origine de 147 associations, seul ou en partenariat. Il est à l’origine des 124 associations des bibliothèques sonores, qui enregistrent des livres pour les aveugles, de l’association de la canne blanche, mais aussi des centres de jour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. On ne peut pas, en ce vendredi 4 décembre où commence le Téléthon, passer sous silence le fait que les Lions sont partenaires de l’AFM depuis 1970 et que c’est tout naturellement qu’en 1987, ils font partie des 4 fondateurs du Téléthon avec La Poste, France Télévision et EDF. Depuis 28 ans ils prennent en charge les 50 centres d’appel 36 37 et sont près de 20 000 membres à se relayer pour enregistrer les promesses de dons.

Alors pourquoi cette image et pourquoi le Lions Club en France, malgré ses 40 000 membres, a-t-il cette image si élitiste et désuète ? L’une des réponses se trouve dans l’origine même du Lions Club. Le Lionisme a été créé en 1917 aux USA et s’enracine dans une culture anglo-saxonne, où le philanthropisme s’intègre directement dans l’éducation des enfants. Il suffit de regarder quelques séries américaines pour adolescents et de constater que les questions de l’engagement et de la solidarité sont intrinsèquement intégrées au système éducatif. C’est donc naturellement que devenus adultes, ils rejoignent des clubs tels que le Rotary, le Kiwani, le Lions Club voire fondent leurs propres associations.

En France la démarche est différente. Sans être moins généreuse, la culture française est beaucoup plus corporatiste et moins communautariste que la culture anglo-saxonne. Ce qui implique, en France, un recrutement différent avec un sentiment véhiculé d’élitisme, accentué d’un décalage de générations n’incitant pas naturellement la génération « Y » à s’engager. Ce même corporatisme, favorisant le risque de faire tourner en circuit fermé les actions menées par les clubs et ne sollicitant que les Lions eux-mêmes à venir y participer, rend ainsi invisible aux yeux du grand public les centaines d’associations soutenues et aidées par les clubs. De facto  les Lions ont un problème de recrutement.

En juillet 2017, le Lions Club international fêtera son centenaire et Nantes sera la capitale française de cette commémoration. Cela peut être pour le Lions Club un véritable défi d’utiliser cet événement pour faire évoluer son image, trouver des publics plus jeunes, en s’ouvrant à d’autres milieux et mettre de côté le corporatisme. Une meilleure communication sur ses engagements permettra alors au Lions Club de continuer à être, ce qu’il est déjà depuis 98 ans, un porteur de solutions pour le monde.

Patrick LONCHAMPT

 

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *